Papa ou maman : un choix destructeur pour votre enfant


Lorsque ses parents sont séparés, l’enfant est tiraillé entre faire plaisir à papa et faire plaisir à maman.

Et souvent, les envies de papa et celles de maman sont différentes, alors l’enfant est perdu, voulant être loyal à chacun de ses parents.

Les parents ne devraient jamais demander à leur enfant de choisir entre papa ou maman.
Cela semble évident, malheureusement c’est loin d’être le cas.
Le parent, volontairement ou non d’ailleurs, demande à son enfant de faire des choix, ce qui le met dans une situation bien délicate.

Je vais vous donner deux exemples.

 

1er exemple

Lors des vacances de Toussaint, il était convenu entre son père et moi que Julie aille 8 jours chez lui et qu’il me la ramène la veille d’Halloween.
J’avais donc prévu de fêter Halloween avec elle et Axel son petit frère (ou demi-frère si vous préférez). Nous avions acheté les déguisements et préparé la décoration pour que tout soit prêt au retour de Julie.

 

Lorsque son papa est venu la chercher, il me dit, je te la ramènerai le 1er novembre au soir…
Je réagis immédiatement en disant que ce n’est pas ce qui est prévu, que nous avons tout organisé pour passer Halloween ensemble…
Il me répond que c’est elle qui décidera et qu’il fera comme elle voudra.
Je suis tellement stupéfaite par ce revirement de situation que je ne dis rien et les laisse partir (le fait d’être ferme lorsqu’une décision est prise fera l’objet d’un prochain article 😉 ).

 

Sur le chemin du retour vers la maison, je décide d’écrire un message au papa de ma fille pour lui dire que je souhaite que l’on reste sur l’organisation prévue depuis des semaines et qu’il me semble compliquer de demander à Julie de décider si elle préfère fêter halloween chez papa ou chez maman car cela va la mettre dans une situation délicate : choisir entre papa et maman…

 

Il n’entend pas ma demande et souhaite que ce soit Julie qui décide.
Elle a beau lui dire qu’elle ne veut pas décider, quelques jours avant son retour, il continue de lui demander de faire un choix et le verdict tombe : elle préfère rester chez papa.

 

Il lui demande de me le dire par téléphone, mais Julie ne veut pas me parler.
Il insiste et elle finit par me dire : « Tu n’es pas triste maman, que je reste chez papa ? »
Je lui réponds que non et que si c’est son choix, je l’accepte tout à fait.

 

Evidemment, le cœur n’y est pas car je sais que je n’ai pas bien joué mon rôle de maman et que je n’ai pas réussi à protéger ma fille.
Je n’aurai pas dû lui laisser faire le choix, j’aurai dû être ferme avec son papa, mais je n’ai pas réussi.

 

Je savais bien que, face à son père, elle irait dans le sens des besoins de ce dernier pour ne pas lui faire de peine. Alors j’essaie de faire bonne figure pour apaiser la petite tête tourmentée de Julie qui ne fait pas ce qu’elle veut, mais ce qu’elle pense être bien pour son papa.
Le soir je écris un mail à Julie pour lui dire que je lui souhaite de passer un bon Halloween avec son papa et ses cousins, que je l’aime très fort et lui dit de bien profiter de la fin de ses vacances.

 

J’espère lui faire comprendre dans ce mail, que tout va bien et ainsi lui enlever sa culpabilité d’avoir choisi papa.
J’essaie de me convaincre que c’était réellement son choix et qu’elle sera contente, mais à son retour, je comprends que non.
Dès qu’elle rentre, elle veut savoir ce que nous avons fait son frère et moi pour Halloween et la tête basse me dit qu’elle aurait aimé être là avec nous. Je vois bien qu’elle est perdue car elle a passé un bon Halloween avec son papa mais n’arrive même plus à s’en satisfaire…

 

Je ne remets pas la faute sur son papa car je suis autant responsable que lui en n’ayant pas réussi à être ferme face à lui.  Ce n’est que partie remise, cela m’apprend aussi à fixer les limites et me faire respecter.

 

De plus, quelques jours après, j’ai moi aussi fait une erreur similaire.

 

2ème exemple

Julie fait du foot le vendredi soir (sport qu’elle a choisi à la maison) et du BMX le samedi matin (sport qu’elle pratique avec son papa en compétition).
Un tournoi de foot est planifié le samedi matin, alors comme elle n’a pas pu en faire depuis plusieurs semaines à cause des compétitions de BMX, je lui demande si exceptionnellement elle veut faire le tournoi de foot au lieu d’aller à l’entrainement de BMX.

 

Ce que je n’avais pas compris en posant cette question c’est que pour elle :
Foot = maman et BMX = papa
Elle m’a de suite dit:  « Mais papa ne va pas être content si je vais au foot et rate l’entrainement de BMX« .

 

De mon côté cela n’était pas grave de manquer une fois l’entraienement de BMX puisqu’elle avait raté plein de matches de foot les samedis après-midi pour faire des courses de BMX.
Au moment du coucher, elle était vraiment mal et m’a dit les larmes aux yeux et la voix en colère : « J’en ai marre de devoir choisir entre papa et maman, faire Halloween chez papa ou chez maman, faire du foot ou du bmx… ».

 

A ce moment-là j’ai compris que, sans le vouloir, je lui avais moi aussi demandé de choisir entre papa et maman.
Je lui ai dit posément que je m’excusais, que je n’avais pas vu que je lui demandais de choisir entre papa et maman.

Tout en lui faisant des caresses sur le visage, je lui ai dit que ce n’était évidemment pas à elle de faire le choix et que c’était à moi, que nous resterions sur ce qui était prévu : bmx le samedi matin et qu’elle n’irait pas au match de foot. »

Ce message clair et sans ambiguïté lui a permis de se calmer et s’endormir apaisée.

 

Ce soir-là, j’ai bien compris combien il est important pour ma fille que ce soit moi qui fasse les choix. Qu’il faut que je sois ferme avec moi et avec les autres pour que les plans prévus restent inchangés. Qu’elle a besoin de ça pour se sentir en sécurité…

 

Si cet article vous a plu, je vous invite à le partager pour diffuser ce message au plus grand nombre de parents, pour le bien de nos enfants 🙂

 

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